Avel Vor : un élevage hors-normes dans le Finistère

Début janvier 2019, l’association Direct Action Everywhere France a enquêté sur l’élevage porcin SARL AVEL VOR, situé à Landunvez dans le Finistère. Cet élevage s’occupe des porcs, de leur naissance à leur départ à l’abattoir. Ils sont élevé en intérieur, sur caillebotis comme 95% des cochons en France.

Cet élevage est contesté depuis 2015, moment de sa demande d’extension pour passer à 26 000 porcs. Une association d’habitants de Landunvez (Avenir et Environnement en Pays d’Iroise), avec qui nous sommes en contact, a fait plusieurs enquêtes environnementales pour tenter de faire barrage à ce projet. L’exploitation se trouvant déjà à moins de 300 mètres d’habitations et d’une école, la population se plaint d’odeurs, de pollution (nitrates, phosphates, antibiotiques, cuivre, zinc, ammoniac, émissions de méthane…) qui contaminent les eaux souterraines ainsi que les eaux de surface. L’été, toutes les plages autour de Landunvez sont interdites au public en raison d’algues vertes causées par cet élevage dont les installations de traitement et de lagunage sont non conformes. L’exposition prolongé à l’ammoniaque peut aussi être un danger pour les habitants leur provoquant des problèmes respiratoires.  

En octobre 2015, le commissaire enquêteur avait émis un avis défavorable à l’extension de l’élevage. Cependant, le 1er avril 2016, le Préfet cède au lobby porcin et autorise l’extension. M. Philippe Bizien, propriétaire de l’élevage, fait parti des dirigeants de la société Evel Up, qui est une des plus importantes coopératives porcine en France. Le projet d’extension a donc été approuvé et subventionné sans la moindre étude d’impact prenant en compte les effets cumulés sur l’environnement. Le propriétaire a même pris la liberté de se construire un chemin pour relier ses deux sites d’exploitation, en pleine zone humide, sans permis. L’élevage, pourtant épinglé plusieurs fois pour la pollution qu’il engendre, n’est pas répertorié en ICPE. L’association ayant porté plainte nous a avoué avoir reçu des menaces des lobbys porcins visant à les faire taire.

Dans notre vidéo, nous avons pu constater que certains bâtiments sont dépourvus de fenêtres contrairement à ce qu’imposent les normes européennes. Nous entendions les cochons hurler de l’extérieur, et une fois entré nous les avons vu tous attendre, stressés, autour de leur abreuvoir dépourvus d’eau et de nourriture. Dans ces conditions, les cochons s’ennuient, stressent, et peuvent devenir agressifs envers leurs congénères. Nous avons trouvé une dizaine de cochons morts. Les truies sont maintenu dans des cages de maternité, ayant pour but d’éviter d’écraser leurs petits. Cependant, cela n’empêche rien, les truies écrasent leurs petits car elles se retrouvent confinées dans moins d’un mètre carré. Les petits se font castrer, limer les dents, et couper la queue sans anesthésie. Tout cela pour essayer de limiter le cannibalisme alors que la chose même qui provoque le cannibalisme est le confinement dans lequel les porcs sont élevés. En France, 25 millions de porcs sont élevés et abattus chaque année. 69 000 passent à l’abattoir chaque jour. La production d’Avel Vor, elle, est principalement destinée à l’exportation vers l’Asie.