Enquête dans un abattoir certifié bio

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L’association DxE France dévoile des images tournées juste avant Pâques, dans l’abattoir d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, à quelques jours de la Marche pour la fermeture des abattoirs organisée par L214.

Cette enquête, présentée par Stomy Bugsy, acteur et rappeur, rend visible la réalité d’un petit abattoir, certifié bio où les éleveurs ont la possibilité de récupérer les animaux tués pour une vente en direct, à la ferme.

Cet abattoir, à “taille humaine”, dispose d’équipements parmi les plus modernes, pour électrocuter et saigner les cochons, les ovins et les caprins. Nous pouvons pourtant apercevoir, sur ces images, énormément de reprises de conscience après saignée, chez les ovins et caprins notamment, caractérisées par des relevés de tête.

Les cochons ont leur sang aspiré par une pompe, pour la préparation de boudin, alors même qu’il se débattent, en arrivant parfois à décrocher ce “trocart” (une sorte de harpon) planté dans leur gorge. Les images révèlent également des ovins et caprins qui s’enfuient après avoir vu leurs congénères agoniser ; ils seront évidemment rattrapés et saignés, sans ménagement. Certains auront le museau coincé et écrasé par la cage de contention, d’autres se blesseront à force de se débattre.

Les boucs quant à eux, se font trancher la gorge. Leurs têtes se renversent, la trachée devient parfaitement visible : Leur propre sang les étouffe en s’écoulant directement dans leur poumons. Lors de ces saignées, l’opérateur essuie par ailleurs son couteau à même le pelage de l’animal, niant les normes d’hygiène les plus élémentaires.

Nous souhaitons avec cette nouvelle enquête, montrer que, malgré des pratiques standardisées, un relatif respect des règles et du matériel de qualité, les animaux ne veulent pas mourir, et de fait, que les images sont toujours aussi choquantes.

William Burkhardt, co-président de DxE France, commente : « Le bien-être animal n’existe pas dans un abattoir, même certifié bio : ici, les procédures sont respectées, le matériel est récent et fonctionne, il n’y a pas d’actes sadiques envers les animaux, et pourtant les images sont toujours aussi choquantes. Les animaux restent, ici aussi, considérés comme des ressources : un nombre de kilos, un chiffre d’affaire.

Nous dénonçons les choix spécistes, ceux-là mêmes qui consistent à continuer de tuer des animaux par milliards pour notre alimentation, alors qu’il est démontré scientifiquement que nous pouvons nous passer de produits animaux pour être en bonne santé. » .

 
Quelques informations complémentaires :
 
Deux pôles distincts sont présents dans l’abattoir : celui des cochons et celui des ovins/caprins. Quand les chaînes d’abattage sont en marche, le rythme des saignées est le suivant :
  • Pour les cochons, c’est environ 1 cochon tué toutes les 2 minutes.
  • Pour les chevreaux, c’est environ 1 chevreau toutes les 40 secondes.
  • Pour les moutons c’est 1 toutes les 1 minute/1 minute 30.
La journée d’abattage type est une arrivée des salariés à 4h, un début d’abattage à 5h, et la fin de la pesée des animaux tués à 13h. Il y a (environ) entre 80 et 180 animaux tués du lundi au vendredi.
 
L’abattoir est récent (mai 2015), et compte entre 6 et 9 salariés. Il peut traité jusqu’à 5 tonnes par jours (limite réglementaire d’un établissement qui fonctionne sur un mode « déclaratif »).
 
Dans notre enquête, vous pourrez voir un employé asperger la tête des animaux avec un jet d’eau, c’est un procédé permettant de les électrocuter plus facilement. Cependant, cet article, qui présente l’abattoir, rend la chose très glamour :
 
« Le couloir de la mort est équipé de douchettes pour déstresser les animaux avant le choc électrique, la pendaison et la saignée. » .
 
Un bel euphémisme. On ne voit d’ailleurs pas vraiment, sur la vidéo, en quoi cela déstresse les animaux.